EHESS  

 

 

Journées Systèmes Complexes

 

EHESS, bd Raspail, Paris

lundi 22 et mardi 23 septembre 2008

Evénement dans le cadre du PPF « Systèmes complexes en SHS »

et du PRI « Sciences Sociales Expérimentales » de l’EHESS

Organisation : Henri Berestycki et Jean-Pierre Nadal

 

 

lundi 22 septembre, amphithéâtre 105 bd. Raspail
(9h-18h ; exposés : 50mn +  discussion 10mn)

9h-9h15 Introduction et président de séance : Henri Berestycki

Anthropologie et linguistique


9h15    Marc Chemillier (EHESS, CAMS)

« Modélisation des savoirs musicaux dans les traditions non écrites »

http://ehess.modelisationsavoirs.fr/marc/


10h15 Emmanuelle Olivier (CRAL, EHESS)

« De la création individuelle à la performance collective : la fabrique d’une musique polyphonique »

Comment, dans un contexte d’oralité, les Bushmen de Namibie composent-ils, transmettent-ils et interprètent-ils des polyphonies vocales complexes ? Et comment ces polyphonies sont-elles renouvelées, en temps réel, lors de chaque performance ? C’est à ces questions que cet exposé tentera de répondre, dans une perspective d’anthropologie de l’action.

 

11h15 pause


11h45 Sharon Peperkamp  (Paris 8, LSCP, EHESS & ENS)

« Acquisition précoce du langage : approches computationnelle et expérimentale »

www.lscp.net/persons/peperkamp
Pendant leur première année de vie, les nourrissons apprennent avec une rapidité surprenante plusieurs aspects de la structure sonore de leur langue maternelle, alors même qu’ils ne reconnaissent que très peu de mots et qu’ils n’en produisent aucun. Dans cette présentation je me concentre sur l’acquisition des phonèmes. Je propose un algorithme d’acquisition ‘bottom-up’ et montre les résultats de deux études. La première étude concerne la faisabilité de l’algorithme ; il s’agit d’une modélisation utilisant un outil de la théorie de l’information (la divergence de Kullback-Leibler symétrisée), et de simulations sur des transcriptions phonétiques de parole d’adultes adressée à des enfants. La deuxième étude concerne une série d’expériences avec des nourrissons qui visent à montrer la plausibilité de l’algorithme.


12h45-14h30 déjeuner


Président de séance : Silvio Franz (Paris XI)


Développement durable


14h30 Michael Ghil (ENS)

« Modelisation dynamique couplée climat–économie »

http://www.environnement.ens.fr/mghil.html

 

15h30  Henri Berestycki (EHESS, CAMS)

« Modèles pour la survie d'espèces biologiques face à un changement climatique »

http://www.ehess.fr/centres/cams/person/berestycki/index.html


16h30 pause


Réseaux complexes

17h      Marc Barthélémy (CEA & CAMS)

« Structure des réseaux de rues : résultats empiriques et modélisation »

We will first present empirical evidences which demonstrate that the street network of many cities in the world share a common pattern, despite the absence of a global design and their numerous cultural differences. This result suggests the existence of a simple mechanism governing the formation and the evolution of urban road networks. We will propose here such a mechanism based on a local optimization of costs and which is able to explain some of the empirical observations.

References: Modeling urban street patterns, Phys. Rev. Lett. 100, 138702 (2008). This paper is also available on the Collaboratory webpage: http://cxnets.googlepages.com/

Co-evolution of density and topology in a simple model of city formation, Networks and spatial economics, in press 2008.

 


mardi 23 septembre, salle 214, 54 bd.
Raspail
(9h-12h50 ; exposés : 40mn + discussion 10mn)


Président de séance : Jean-Pierre Nadal (CNRS, CAMS et LPS ENS)

Economie


9h        Annick Vignes (ERMES, Paris II)

« Qu'est ce qui influence la formation des prix sur un marché d'échanges? Le cas du marché au poisson de Marseille »

Le marché au poisson de Marseille correspond à première vue, à un marché qu’un économiste pourrait qualifier de concurrentiel. On y trouve en effet quotidiennement un grand nombre de vendeurs et d’acheteurs, échangeant des lots de biens homogènes (les poissons sont classés en catégories très précises, correspondant à des codes définis par la communauté européenne) dans des laps de temps très courts (le marché e tient entre 4 et 8heures du matin) et dans un même endroit (tous les échanges ont lieu sur la halle à marée). Mais l’observation empirique révèle très vite une grande dispersion de prix pour des mêmes biens. L’enjeu pour l’économiste est alors d’expliquer cette dispersion : à cet effet, de nombreux auteurs ont souligné le rôle des organisations de marché (enchères ou négociés), l’importance des caractéristiques du bien vendu (le poisson est un bien périssable, dont la qualité est difficile à évaluer), l’influence des interactions sociales. En partant de cette dernière hypothèse, nous montrons, à l’aide d’un modèle de moindres carrés généralisés puis de la méthode des moments généralisés que le prix d’une transaction dépend du prix des autres transactions. Nous faisons ainsi apparaître un paradoxe surprenant, qui est que sur un marché sur lequel les prix ne sont pas affichés, le prix de la transaction entre deux personnes dépend des prix des transactions des autres.


9h50    Mirta B. Gordon (CNRS, TIMC-IMAG, Grenoble)

« Cycles de coopération–défection dans les systèmes sociaux »

Basic evidences on non-profit making and other forms of benevolent-based organizations reveal a rough partition of members between some {\em pure consumers} of the public good (free-riders) and {\em benevolent} individuals (cooperators). We study the relationship between the community size and the level of cooperation in a simple model where the utility of joining the community is proportional to its size. We assume an idiosyncratic willingness to join the community ; cooperation bears a fixed cost while free-riding bears a (moral) idiosyncratic cost proportional to the fraction of cooperators. We show that the system presents two types of equilibria: fixed points (Nash equilibria) with a mixture of cooperators and free-riders and cycles where the size of the community, as well as the proportion of cooperators and free-riders, vary periodically.

http://www-timc.imag.fr/membres/Mirta.Gordon/


10h40  pause

11h10  Pablo Jensen (ENSL et IXXI, Lyon)

« Quelques exemples de modélisation en sciences sociales : marché du logement, localisation commerciale, ségrégation raciale et localisation »

http://perso.ens-lyon.fr/pablo.jensen/

 

12h00  Alan Kirman (EHESS, Marseille)

« Né sous une bonne étoile? »

 

12h50 – fin des journées

 

 

Le PPF « Systèmes complexes en SHS »

 

Ce Plan Pluri-Formations (PPF), piloté par l’EHESS sous la responsabilité d’Henri Berestycki (CAMS), entend contribuer à consolider et développer les interactions entre sciences ‘dures’ et sciences ‘douces’ à travers l’organisation de séminaires, journées, groupes de travail autour de la modélisation de systèmes complexes en SHS. Le PPF développe également des collaborations avec des partenaires étrangers sur cette même thématique. Ainsi le PPF a contribué à l’organisation d’un colloque à l’Université de Northwestern, aux Etats-Unis, en partenariat avec le Northwestern Institute of Complex Systems (NICO).

 

 

Le PRI « Sciences Sociales Expérimentales » de l’EHESS

Un Programme de Recherches Interdisciplinaires (PRI) est une structure assez souple et informelle de l'EHESS, autour d’une thématique représentée par plusieurs séminaires. Le but de ce PRI, sous la responsabilité d’Emmanuel Dupoux (LSCP), est de favoriser les interactions entre chercheurs en sciences sociales et chercheurs des disciplines ‘exactes’ autour de la question de l’expérimentation en sciences sociales. Il s’agit d’une part de favoriser l’émergence d’applications nouvelles de la méthode expérimentale au secteur des sciences sociales, d’autre par d’examiner les racines historiques de double mouvement de rapprochement, et d’en étudier les conséquences pour le lien entre les sciences de la nature et les sciences sociales.