Systèmes complexes en sciences sociales

Année 2018/2019

Henri Berestycki (directeur d’études à l’EHESS)
Jean-Pierre Nadal (directeur d’études à l’EHESS et directeur de recherche au CNRS)

Le séminaire « Systèmes complexes en sciences sociales » se tient (sauf mention contraire) tous les 2ème et 4ème vendredis de cette année 2018-2019, à partir du 9 novembre (voir le site de l’Ehess), à 14h30, en salle A4-47 (4ème étage), 54 bd Raspail, 75006 Paris. Entrée libre dans la limite des places disponibles.
Contact : jpnadal@ehess.fr

  • Séance supplémentaire, en partenariat avec le SAMM, Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne (contact : Julien Radon-Furling). Cycle en Hommage à Thomas Schelling :
    Vendredi 21 décembre, 14h30, Institut des Systèmes Complexes (113 rue Nationale, Paris 13ème, premier étage)

    Stefanie Stantcheva
    Professor of Economics, Harvard University
    Dancing with the stars: Innovation through interactions
    Abstract: An inventor’s own knowledge is a key input in the innovation process. This knowledge can be built by interacting with and learning from others. This paper uses a new large-scale panel dataset on European inventors matched to their employers and patents. We document key empirical facts on inventors’ productivity over the life cycle, inventors’ research teams, and interactions with other inventors. Among others, most patents are the result of collaborative work. Interactions with better inventors are very strongly correlated with higher subsequent productivity. These facts motivate the main ingredients of our new innovation-led endogenous growth model, in which innovations are produced by heterogeneous research teams of inventors using inventor knowledge. The evolution of an inventor’s knowledge is explained through the lens of a diffusion model in which inventors can learn in two ways: By interacting with others at an endogenously chosen rate; and from an external, age-dependent source that captures alternative learning channels, such as learning-by-doing. Thus, our knowledge diffusion model nests inside the innovation-based endogenous growth model. We estimate the model, which fits the data very closely, and use it to perform several policy exercises, such as quantifying the large importance of interactions for growth, studying the effects of reducing interaction costs (e.g., through IT or infrastructure), and comparing the learning and innovation processes of different countries.

  • Vendredi 14 décembre, 14h30, salle A4-47 à l’EHESS, 54 bd Raspail.

    Camille Roth
    CNRS, Centre Marc Bloch, Berlin
    Fragmentation des espaces publics numériques – un point de vue socio-sémantique
    Résumé : La possible « balkanisation » des espaces publics numériques a fait l’objet d’une attention croissante au cours de la dernière décennie, au sein d’un débat plus large sur la contribution d’internet aux processus de délibération collective. Suivant cette hypothèse introduite dès la fin des années 90, les espaces de conversation en ligne seraient fragmentés, organisés en communautés voire en « chambres d’écho » plus ou moins reliées entre elles et plus ou moins cohésives, aussi bien d’un point de vue interactionnel (par exemple, liens de conversation, de citation, d’affiliation) que sémantique (par exemple, orientation politique des acteurs, vocabulaire mobilisé, sujets abordés). Nous procéderons en premier lieu à une revue de la littérature récente sur le sujet, notamment au prisme d’études qui s’attachent à lier interaction et information et qui portent généralement sur la plateforme de micro-blogging Twitter. Nous présenterons ensuite une série de résultats nouveaux concernant l’existence d’un espace public européen sur Twitter (fragmentation en termes linguistiques et internationaux), la visibilité des discours climato-sceptiques au sein des conversations autour des publications de l’IPCC (fragmentation en termes de positions et de vocabulaires) et, enfin, la dynamique de formation des réseaux égo-centrés de Facebook (fragmentation des cercles sociaux sous-jacents).

  • Vendredi 23 novembre, 14h30, salle A4-47 à l’EHESS, 54 bd Raspail.

    Amandine Aftalion
    Directrice de recherche au CNRS, CAMS
    La course à pied en équations
    Résumé : Il est en général admis par les coureurs que, dans un stade, les lignes les plus favorables sont celles du milieu. En effet, à l’extérieur, on court en aveugle, tandis que les lignes intérieures présentent le désavantage d’une grande force centrifuge. Le but de cet exposé est de mettre ces effets en équations pour déterminer la performance optimale d’un coureur : la physique de la force centrifuge, l’effet motivation à avoir quelqu’un devant, le retard à réagir quand on est doublé. On expliquera le modèle et l’effet sur la performance des différentes formes de stade ; on présentera des simulations numériques à un et deux coureurs, ainsi que les perspectives ou améliorations possibles.

  • Vendredi 9 novembre, 14h30, salle A4-47 à l’EHESS, 54 bd Raspail.

    Nous inaugurons le Séminaire de l’année 2018-2019 par une séance de notre série autour des travaux de Thomas Schelling :
    Madalina Olteanu & Julien Randon-Furling
    Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
    Ségrégation urbaine: distances focales et effets de distorsion
    Résumé : Nous proposons une méthode d’analyse des dissimilarités spatiales d’une ville fondée sur la représentation de celle-ci par un faisceau de trajectoires, obtenues en explorant la ville à partir de chacun de ses points. L’échelle à partir de laquelle une trajectoire converge vers la ville entière constitue en quelque sorte une distance focale : le rayon du disque qu’il faut parcourir, en partant de tel point, pour « voir » la ville telle qu’elle est en réalité, dans son ensemble. Cette distance dépend de la variable (ou de la distribution) considérée, ainsi que du seuil de convergence choisi. Une intégrale permet à la fois de s’affranchir de l’arbitraire dans le choix du seuil et d’identifier les points pour lesquels la convergence est presque toujours lente, y compris pour des seuils relativement élevés. Nous définissons ainsi un coefficient de distorsion, qui mesure à quel point l’image de la ville, perçue en tel ou tel point, est différente de son image globale réelle.
    Référence : J. Randon-Furling, M. Olteanu, W. Clark, A. Lucquiaud, From urban segregation to spatial pattern detection, Environment & Planning B: Urban Analytics & City Science (2018) https://doi.org/10.1177/2399808318797129


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